Manuel des chercheuse-rs Mallouestanais-es
Préface
La création d’une alternative est un travail de tous les jours. Tendre vers un idéal est complexe. C’est pourquoi nous sommes contraint·es d’établir un manuel de vie commune.
Le Mallouestan est un lieu fondé notamment sur les piliers suivants:
- anarcho-communisme
- antispécisme
- anti-libéralisme
- anti-tech
Nos positions et valeurs ne sont pas dépendantes d’une romantisation du passé ou d’une indépendance absolue. Elles sont le fruit d’un travail critique, basé sur les discussions, les expériences et les connaissances des membres du lieu et des visiteuse·eurs. Ce manuel n’est donc pas un support dogmatique ou sectaire, mais un repère pour un collectif anarcho-communiste. Il est destiné à évoluer régulièrement.
Nos positions sont détaillées dans plusieurs textes listés à la fin de ce document pour compléter cette charte qui ne saurait être exhaustive.
Ce manuel définit le contexte commun auquel chaque personne adhère en venant sur le lieu ou en participant aux événements extérieurs organisés par le Mallouestan.
Objectifs
Nous sommes conscient·es que beaucoup des valeurs et des objectifs ci-dessous sont difficilement atteignables. De ce fait, nous les listons humblement en acceptant que chacun·e, sur le lieu, ne peut qu’y tendre.
- Créer une résilience/indépendance commune vis-à-vis du capitalisme, de la société extractiviste, thermo-industrielle, techno-solutioniste et de la société de consommation notamment mais non limité à :
- L’autonomie en fruits et légumes,
- L’autonomie vis-à-vis des énergies fossiles,
- L’autonomie en méthodes et matériaux de construction,
- La déconnexion totale des espaces d’hébergement dits “personnels” des réseaux publics,
- L’autonomie à l’égard de l’agriculture intensive et mécanisée,
- L’autonomie vis-à-vis des technologies complexes.
- Assurer la pérennité du sanctuaire pour les animaux non-humains ;
- Diminuer notre impact écologique ainsi que notre impact sur les écosystèmes avoisinants ;
- Les santés corporelle et émotionnelle sont, pour nous, essentielles à une vie collective autonome et saine. Nous cherchons donc à développer une écoute de soi fine et une conscience de son corp efficace pour tendre vers une résilience quotidienne de l’individu au sein du collectif. Celle-ci a pour but de minimiser les blessures, la fatigue et le mal-être ;
- Tendre, sur le lieu, vers une abolition au sens général des hiérarchies non légitimes et des rapports de force non nécessairse.
- Déconstruire les comportements systémiques, institutionnalisés et oppressifs, notamment les comportements issus du patriarcat, du racisme, du capacitisme, et de l’âgisme ;
- Minimiser la priorisation des intérêts d’une espèce sur une autre ;
- Partager nos ressources et privilèges dans une optique de solidarité et d’inclusion ;
- Créer un nouveau rapport au vivant en développant une axiologie (vision de ce qui est considéré comme juste et souhaitable) ancrée dans une cosmologie (vision de la façon dont l’univers fonctionne) matérialiste compatible avec la méthode scientifique.
Prérequis
Nous sommes conscient·es que chacun·e est déconstruit·e à des niveaux variables et que chacun·e évolue à sa vitesse. Malgré cela, un minimum de déconstruction est nécessaire pour garantir l’avancée de l’ensemble du groupe. Comme pour le reste de cette charte, aucun mécanisme, ci-dessous, n’a comme prétention d’être suffisant ou parfait mais représente un point de départ qui semble pertinent pour les explorations du collectif. Nous demandons donc sur le lieu et pendant les événements organisés par le Mallouestan :
- Aucune violence, hors légitime défense, envers un autre individu, ce qui inclut mais n’est pas limité aux violences ou situations suivantes :
- Les agressions verbales ou physiques ;
- les discours prônant la violence à l’égard d’autres êtres sentients ;
- Le non-respect de la liberté de chacun-e de clore toute situation sociale qu’elle trouve inconfortable ;
- Toute entrave à l’agentivité (la capacité d’agir et de façon autonome) d’un individu, le non-respect de l’individualité (le fait qu’un individu possède des caractéristiques qui le rendent tel qu’il ne puisse être confondu avec un autre être), ou le non respect de l’autonomie corporelle (le droit de prendre ses propres décisions pour son corps et son avenir) ;
- Aucune consommation, achat ou promotion de produits d’origine animale (chair, lait, œufs, miel, cuir, laine…) et aucune promotion d’activités liées à l’exploitation animale (équitation, agility, cirque, traction animale, collaboration animale…). Tous les sujets peuvent évidemment être abordés, mais ils doivent être traités en tant qu’idée et non comme des vérités universelles ;
- Aucune promotion de religions ou de spiritualités ésotériques telles que les soins énergétiques, l’anthroposophie, la biodynamie, l’astrologie, la sorcellerie, le chamanisme, etc. Tous les sujets peuvent évidemment être abordés, mais ils doivent être traités en tant qu’idée et non comme des vérités universelles ;
- Le respect des espaces et de leurs signalisations ;
- Le respect des animaux comme explicité à l’annexe “Animaux non autonomes” ;
- Un minimum de communication active (initiée par la personne détenant l’information) comme défini à la section “Communication sur le lieu” ;
- Les aliments suivants ne sont pas tolérés au sein des espaces communs et partagés : Nova 4 ; Nova 3 de score nutritionnel D ou E. (Système de catégories https://fr.openfoodfacts.org/nova).
- L’alcool, la nicotine, les drogues et autres substances (hors: alimentaires ou médicales) addictives ne sont pas tolérées; Il n’est pas toléré non plus que la consommation de ces produits soit activement encouragé sur le lieu.
- La consommation d’énergie fossile (gaz, pétrole, charbon, etc.) est prohibée (hors briquet).
- Tout état d’ébriété ou état sous influence (hors contexte médical) n’est pas toléré lors des événements ponctuels ou durant les moments partagés du quotidien.
- Que l’usage de nos infrastructures collectives (solaire, internet, eau) soit limité à un cadre de nécessité (administrative, médicale, scolaire ou académique, activité associative/professionnelle ponctuelle). Les jeux vidéos, le streaming, le scrolling ou tout autre usage intense de ces infrastructures hors nécessité n’est pas toléré.
- Tout comportement visant activement à nuire à l’association n’est pas toléré
Ces restrictions ne sont pas le reflet de jugements moraux sur des individus qui, en dehors du lieu, ne les respecteraient pas. Ces restrictions sont limitées au contexte que nous créons et n’ont aucune prétention au delà.
Ces restrictions ne doivent pas être utilisées à quelques fins que ce soit à l’égard d’individus qui ne les respecteraient pas dans leurs espaces personnels.
Gouvernance
Un équilibre doit être trouvé entre les libertés individuelles et celles du collectif. Les situations suivantes, impactant le contexte commun, doivent être précédées par un vote unanime des personnes concernées par la décision:
- Tout changement de la charte ou ses annexes (Budget, liste de courses) ;
- L’attribution des rôles de arrimé·e ou de résident·e ainsi que les conditions d’une période d’essai ;
- Les dépenses exceptionnelles ou ponctuelles définies dans l’annexe pour le budget ;
- Tout aménagement, par une personne, impactant les espaces communs qui ne peut être défait par cette même personne en une journée.
Tout autre décision, hors précision contraire dans le manuel, ne nécéssite aucun accord collectif. Néanmoins, une communication et une transparence sont encouragées.
Toute décision peut être annulée ou opposée par n’importe quelle personne si elle est en contradiction avec le présent manuel. Si un doute existe sur l’interprétation du manuel, concevable par 60% des personnes présentes sur le lieu, l’ambiguité ne peut être imputée à la prise de décision.
Toute exception à la charte peut être mise en place temporairement (la durée doit être précisée) sur vote unanime. L’exception est valable tant que sont présentes sur le lieu uniquement les personnes ayant participé à la mise en place de ladite exception. Les exceptions, hormis celles qui concernent les quotas humains, doivent également être validés par les arrimé·es non présent.es sur le lieu.
Gestion de conflit
Nous sommes conscient·es que nous sommes des êtres de nature imparfaite. Nous faisons donc toutes et tous des erreurs ou des écarts à nos valeurs et idéaux. Nous nous devons d’être indulgent·es, envers nous-mêmes et envers autrui. Mais nous acceptons également que tout écart qui impacte le lieu et ses membres peut être traité si une personne le souhaite.
Procédure de cadrage de conflit
- Dans le cas d’un conflit, les comportements ou mécanismes doivent être adressés aux protagonistes au plus vite une fois qu’ils sont identifiés comme problématiques
- En cas de réitération de ces comportements une gestion de conflit collective peut être lancée
- Les arrimé-es et résidentes volontaires (hors personnes visée par la procédure) se concertent pour essayer de trouver des solutions comme, mais non limité à, l’articulation des besoins du collectif à l’égard des protagonistes
- Ce comité peut initier une procédure de sanctions impliquant la mise en place d’ultimatums
Procédure de sanctions
- Les problèmes motivant cette procédure sont partagés par le comité avec les protagonistes. Le comité exprime ses attentes et besoins donnant également l’occasion aux protagonistes de les adresser et aussi d’exprimer leurs besoins et attentes à l’égard du collectif
- Le comité se concerte pour former, si jugé nécessaire, une réquisition (la liste d’ultimatums) basée sur des points explicités dans cette charte
- Cette réquisition est ensuite partagée avec les protagonistes qui ont l’occasion de l’adresser
- Suite à cet échange le comité délibère et délivre ses conclusions et ultimatums finaux. Le processus recommence à l’étape 3 avec une nouvelle réquisition dans le cas où le comité souhaite rajouter des ultimatums ou changer les conditions de ceux présentés à l’étape précédente.
Les ultimatums sont donnés au moment de la réquisition avec des conditions et des conséquences liées à leur non-respect.
Les protagonistes peuvent être représentés ou accompagnés par toute autre personne du lieu lors de ces procédures
Les sanctions suite à un non-respect d’un ultimatum peuvent être:
- Rétrogradation de rôle
- Bannissement temporaire ou définitive du lieu
- Travaux obligatoires pour le collectif
Ultimatums
Plusieurs ultimatums exceptionnels sont de facto définis pour tous les membres du lieu:
- Toute atteinte physique intentionelle non sportive et hors légitime défense, sur un individu du lieu peut entraîner une exclusion du lieu si au moins une autre membre du lieu le souhaite
- Toute atteinte physique grave (décès, blessures sur le long terme) par un animal non-résident sur un autre individu du lieu entraîne soit l’exclusion de l’animal ou, si la ou les responsables de l’animal le souhaitent, un ultimatum les concernant directement
- Si une personne présentant une volonté d’atteinte grave à elle-même, qu’il s’agisse de blessures potentielles ou d’un risque imminent de mort, nous prendrons la décision dans le cas où le dialogue est stérile ou impossible, d’impliquer des forces extérieures. Cela peut inclure, mais n’est pas limité à, l’appel des services d’urgence tels que le SAMU
- Si une personne vole l’association
Vie collective
Communication sur le lieu
Les événements ponctuels ou quotidiens qui sont destinés à être collectifs (repas, réunions…) nécessitent une communication claire et fonctionnelle passant par des moyens de communication ubiquitaires (partagés par toustes). L’objectif de cette communication est de permettre à chacun·e de participer ou d’être informé·e afin que toustes soit inclus.es dans la vie collective.
Exemple: Pour les repas, prévenir toutes les personne du lieu
La communication est intrinsèquement complexe et varie en fonctions des individues. Il est important de s’adapter au mieux à ces différences, que ce soit à l’oral, par écrit ou autrement. Malgré cela, une communication minimale active (initiée par la personne détenant l’information) est nécessaire en ce qui concerne le contexte commun et la vie quotidienne collective du lieu. Nous demandons donc une communication claire sur les points suivants :
- Ce qui relève des responsabilités des référent·es techniques
- Les tâches quotidiennes, hebdomadaires et les chantiers
- La présence ou l’absence des personnes hébergé·es sur le lieu
- Tout état de santé entraînant un risque ou un danger
- Tout élément mettant en danger la santé d’autrui (humains comme non-humains)
Occupation d’espace
Les espaces suivants sur le lieu peuvent être réservés pour un usage exclusif.
- La salle a’tout
- Le Mobilhome
- Le bureau
- L’espace polyvalent
Les tableaux de réservations sont validés, et ainsi deviennent effectifs, à chaque réunion.
Si l’espace n’est pas réservé l’exclusivité est accordée, si elle est souhaitée, aux premièr·es venu·es.
Pôles
Le lieu est séparé en plusieurs pôles. Ces pôles servent principalement à décrire les différentes activités du lieu et de les adresser ou les organiser. À ce jour, les pôles suivants sont définis :
- Culturel
- Maraîchage
- Gestion des ressources premières
- Construction
- Soins aux animaux non-humains
- Vie co
- Autocritique et stratégie
- Faune et flore sauvages
Les décisions sont prises collectivement au moment de plannification pour chaque pôle où un budget et des objectifs sont définis pour le trimestre suivant.
Gestion financière
Certains frais dépendent de la vie commune. Un pot commun est donc mis à disposition pour que chacun·e participe selon ses moyens. Ces derniers ne peuvent être un motif d’exclusion du lieu ou de quelconque sanction du collectif.
Les divers dons sont ajoutés au pot commun. L’argent présent dans le pot commun est réparti entre les frais liés aux animaux, les frais de l’écolieu ainsi que les frais pour les courses de la semaine à venir.
Un budget est défini collectivement sur le lieu couvrant tous les frais nécessaires et collectifs.
Une liste de courses communes est définie précisant les produits que l’on achète avec le budget associé.
Les fonds suivants sont disponibles sur le lieu et sont encadrés par l’annexe “Fonds et mutuelles”:
- Fond de solidarité
- Mutuelle de subsistance
- Fond de secours du sanctuaire
- Fond de libération agraire
- Fond pour faune et flore sauvage
Mise à disposition d’espace personnel
Dans le contexte d’accueil et d’hébergement, en dehors des dortoirs, nous pouvons mettre à disposition des espaces s’apparentant à des espaces personnels. Pour autant, les règles des espaces communs s’appliquent dans ces espaces sauf exception convenue avec le collectif en amont.
Les travaux dits structurels sont à la responsabilité du groupe tandis que les travaux mineurs tels que décoratifs à l’intérieur (peinture, revêtement de sol amovible, etc.) ou le fauchage sont à la responsabilité de l’occupant-e.
Lorsque des occupant-es quitte définitivement l’espace mis à leur disposition iels doivent s’assurer qu’iels laissent l’espace dans un état propre, salubre et rangé. Iels doivent signaler au collectif toute chose qui pourrait compromettre ou déranger l’installation d’une nouvelle personne. Un membre du groupe (arrimé-e ou résident-e) fera une visite de l’espace au moment du départ des occupant-es.
Événements
Nous sommes amené-es à organiser ou accueillir des événements sur le lieu comme, mais non limité à, des formations, rencontres diverses, expositions ou concerts. Ces évènements, incluant les évènements externes (organisés par d’autres collectifs) permis par la mise à disposition du lieu, se doivent d’être à prix libre.
Communication extérieure
Toute communication au nom du Mallouestan se doit d’être en accord avec cette charte et ne doit qu’exprimer des positions politiques, militant·es ou philosophiques présentes dans cette charte (anarchisme, antispécisme…). Toute prise de position du communicant non présente dans cette charte ne doit pas être exprimée au nom du Mallouestan.
Rôles et responsabilités
Dans une optique de minimisation de pouvoir sur le lieu, les rôles suivants sont définis pour permettre à chacun·e de mieux appréhender leurs responsabilités et devoirs.
Il y a trois rôle sur le lieu :
- Visiteuse-eur
- Résidente
- Arrimé-e
Responsabilités des différents rôles et personnes
Responsabilité | Visiteuse | Résidente | Arrimée |
---|---|---|---|
Garant de ses actes et gestes sur le lieu. Il ou elle est la·e garant de son quotidien et de sa communication avec l’ensemble du collectif. | Oui | Oui | Oui |
Responsable de l’entretien (nettoyage, changer une ampoule …) des locaux et de tout équipement qu’il ou elle utilise sur le lieu, dans la limite de ses capacités, dans le cas contraire il ou elle doit notifier l’ensemble du collectif. | Oui | Oui | Oui |
De tout faire pour ne pas représenter une charge financière ou de travail pour le reste du collectif | Oui | Oui | Oui |
De garantir le respect, par toustes, de la charte. Pour éviter un contexte de délation, seules les situations interpersonnelles, où le bien-être d’une autre personne du lieu serait en jeu, oblige une intervention ou une notification de l’ensemble du collectif. | Oui | Oui | Non |
De s’assurer au quotidien que les besoins des animaux non-humains sont satisfaits | Non | Non | Oui |
De fournir aux visiteuse·eurs les ressources nécessaires le temps de leur séjour |
Non | Non | Oui |
De garantir le respect de la charte et d’intervenir ou solutionner des potentiels problèmes. | Non | Non | Oui |
De s’assurer de la présence d’au moins un·e arrimé·e sur le lieu |
Non | Non | Oui |
De mutualiser ses ressources (comme précisé à la section mutualisation des ressources) | Non | Non | Oui |
De s’assurer de la présence d’au moin un·e arrimé·e sur le lieu la nuit, au moment des tâches concernant les non-humains. | Non | Non | Oui |
Droits des différents rôles et personnes
Droits | Visiteuse | Résidente | Arrimée |
---|---|---|---|
De véto limité (1 mois) sur le contexte commun (voir remarques transversales) | Oui | Non | Non |
D’égalité d’opportunités à l’égard des activités du lieu | Oui | Oui | Oui |
Jouir d’un espace personnel | Non | Oui | Oui |
D’être consulté et d’approuver tout changements aux droits détenus sans limites de temps | Non | Oui | Oui |
De véto sur l’accès au rôles de résident-e ou d’arrimé-e | Non | Oui | Oui |
De décision sur le budget | Non | Oui | Oui |
De véto limité (6 mois ou 1 an) sur les changement du contexte commun même en cas d’absence du lieu (voir remarques transversales) | Non | Oui | Non |
De prendre ponctuellement des responsabilités sans engagement dans le temps | Non | Oui | Non |
D’être considéré·e comme concerné·e par les changements du contexte commun ou les exceptions à la charte même en cas d’absence sur le lieu non plafonné dans le temps. | Non | Non | Oui |
De prendre des décisions sur les priorités notamment au travers des pôles | Non | Non | Oui |
Le droit de décision sur l’argent des pots réservés aux dépenses exceptionnelles | Non | Non | Oui |
De participer aux décisions concernant les droits des autres rôles | Non | Non | Oui |
Remarques transversales aux différents rôles
- La période d’essai d’un·e résident·e est d’au moins 4 mois et est discutée plus en détail avec toutes les résident·es et arrimé·es. La période d’essai est initiée sur demande et nécessite un accord unanime.
- La période d’essai d’un·e arrimé-e est d’un an. Pendant cette période seuls les revenus de la personne sont mutualisés. La personne ne peut devenir arrimé·e tant que son filet de sécurité n’est pas constitué (par elle ou par le collectif)
- En cas d’injoignabilité, le ou la résident·e ou la ou le arrimé·e a deux semaines pour partager sa décision.
- En cas d’opposition à une décision de la part d’un·e résident·e ou d’un·e visiteuse·eurs un report de la décision a lieu. Cette échéance est maintenue tant que l’opposition existe.
- En cas d’opposition de résident·e(s), à la fin de l’échéance, la décision est reprise sans que leur accord soit nécessaire. Cette échéance a comme objectifs de permettre le temps de pousuivre les échanges tant collectifs qu’interpersonnels et de laisser le temps de se préparer à la mise en place de telle ou telle décision
- En cas d’opposition de résident·e(s), la décision est reportée à un an si il y a unanimité ou au moins trois résident-es s’opposent. Dans le cas oú un·e seul·e résident·es s’oppose, ou dans tout autre cas, la décision est reportée à six mois.
- Les motifs de refus d’accès au rôle, étayés si possible d’exemples et de pistes, doivent être communiqués aux personnes concernées.
- Les réunions concernant la stratégie à long terme ou tout autre sujet propre aux arrimé·es mais concernant le contexte commun ne peuvent exclure la présence des résident·es.
Investissement
Toute personne résidente sur le lieu accepte que les dépenses liées au lieu n’ont aucune garantie d’être restituées. Le terrain et l’immobilier relèvent de sa responsabilité, ainsi, les autres résident·es ne peuvent garantir l’achat ou la vente du bien.
Chaque résident·e est invité·e, en cas de départ d’un·e résident·e ou membre, d’aider en fonction de ses moyens la personne qui part.
Mutualisation des ressources
Les personnes arrimées ont comme devoir la mutualisation de leurs ressources ce qui comprend leurs ressources financières (capital financier) et leur patrimoine. Ainsi, si l’un·e des arrimé-es quitte le statut arrimé·e ou est exclu·e des arrimé·es, ce qui a été mutualisé ne peut être repris. Pour éviter une dépendance au collectif plusieurs sécurités sont mis en place:
- Une somme d’argent hebdomadaire est allouée à chaque arrimé·e dont l’usage est à leur discrétion.
- Un filet de sécurité est prérequis pour devenir arrimé-e. Ce filet à comme objectif de permette à tout moment à la personne le détenant de partir du lieu. Ce filet de sécurité est variable (nous n’avons pas tous-tes le même capital social, familial, culturel… ) et est demandé par chaque candidat·e au rôle d’arrimé·e.
- Certains besoins sont considérés comme ubiquitaires tels que l’abonnement du téléphone mobile, les frais médicaux, frais bancaire, individus à charge et maintenance des vélos. Ils sont donc pris en charge par la mutualisation.
- Une somme d’argent est allouée à la constitution pour chaque arrimé·e d’un ensemble d’outils considérés comme essentiels.
Limites et quotas
En vue de la taille et des ressources à disposition, certaines limites et certains quotas ont été définis:
- Un nombre maximum de 6 espaces personnels est fixé sur le lieu, à ce jour, permettant à 6 personnes/couples/familles de vivre sur le lieu.
- Un nombre maximum de 16 visiteuse·eurs à la fois est fixé pour passer une nuit sur le lieu